Remise du prix de l’Européen de l’année 2015 à M. Jean-Claude Juncker

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Remise du prix de l’Européen de l’année 2015 à M. Jean-Claude Juncker

J’ai été chargé, au nom du mouvement civil pan-européen « Stand up for Europe » (www.standupforuseurope.eu) et en partenariat avec le magazine belge Lobby (www.lobbymag.com), de remettre le prix de « l’Européen de l’année » à M. Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne. Ce prix a été confié à M. Alexander Winterstein, porte-parole en chef adjoint de la Commission européenne, lors de la cérémonie des « Lobby Awards 2015 » tenue à Bruxelles le 15 décembre 2015. Cette démarche s’accompagne d’un article co-écrit avec M. Jules Béjot et publié dans la revue « Lobby » sur M. Jean-Claude Juncker et sa Commission. J’y défends l’idée que M. Juncker peut contribuer, par son expérience des institutions, des hommes et des États, à relancer et redonner corps au projet européen. Vous trouverez ci-dessous cet article.

Jean-Claude Juncker, l’homme du sursaut européen Pour Stand up for Europe, Jean-Claude Juncker est la « personnalité européenne de l’année 2015 ». C’est un homme engagé, doté d’une grande expérience de la construction communautaire, à même de mieux incarner et de relancer le projet européen dans ces temps particulièrement difficiles.

Par Olivier Marty et Jules Bejot, Stand Up for Europe

  La nomination de Jean-Claude Juncker, au printemps 2014, après que le Parti Populaire Européen (PPE) ait remporté les élections, ne fut pas chose aisée. Les nombreuses lacunes de la vie politique européenne, ainsi que le faible engouement populaire suscité par les campagnes des « Spitzenkandidaten », avaient fait douter. Les crises politiques nationales, dans les pays du Sud, mais aussi au cœur et à l’Est du continent, incitaient plutôt, selon certains, à ce que l’Europe « ne prenne plus les mêmes et recommence » et que les États fassent à nouveau fi des règles de droit qu’ils avaient, en catimini, approuvées. Il faut pourtant le redire avec force : être invité à choisir comme Président de la Commission le « leader » du parti qui a gagné les élections est une avancée démocratique incontestable du Traité de Lisbonne. Il est heureux que le Conseil Européen se soit finalement mis d’accord pour respecter le suffrage universel. Choisir Jean-Claude Juncker, cautionner son parcours, certes imparfait, c’était témoigner d’une volonté de sauvegarde et de relance du projet européen, assumer l’héritage et se projeter vers l’avenir avec un souci de légitimité et d’efficacité. Mais c’était aussi répondre aux attentes des électeurs. Car, si les votes eurosceptiques et europhobes ont été alarmants, et ont certainement signifié que l’Europe « devait changer », il est hasardeux d’en conclure que le sens et la poursuite de l’intégration aient été remis en cause. La diversité de ces votes (qui ne se limitaient pas au rejet d’une « austérité » imposée par Bruxelles) exprimait plutôt la volonté d’une Europe plus efficace et plus forte, que Jean-Claude Juncker peut contribuer à mieux faire fonctionner.

Pour le sursaut du projet européen

Depuis un an, les premiers pas de Jean-Claude Juncker ont été significatifs. Une main a été tendue à Martin Schulz et aux États, qui ont été associés à la préparation du programme de travail intelligemment limité de la Commission. Le Président de la Commission a également exprimé sa compréhension du contexte difficile dans lequel les institutions exercent leurs pouvoirs. Son ton est stable, pour marquer la gravité de la période, mais il n’est pas dénué de passion. Il fallait cette attitude pondérée pour présider aux destinées de la « Commission du sursaut du projet européen ». Tout comme il fallait des résultats rapides : ils sont déjà là, avec le plan de relance de l’investissement, avec la directive sur les « rulings », ou avec les premiers pas sur l’Union des marchés de capitaux. La Commission devait aussi changer. Trop pléthorique, promptement bureaucratique, elle était devenue inintelligible. L’ex Premier luxembourgeois y a partiellement remédié en chargeant des vice-présidents, issus de « petits » pays, d’œuvrer, avec leurs collègues issus des grands États, à des priorités limitées et compréhensibles. Dans le même esprit, le nouveau président a établi, dans son discours sur l’État de l’Union, une hiérarchie des enjeux auxquels l’Europe est réellement confrontée, loin des engouements ou des silences coupables des opinions et des médias. De façon plus importante encore, il a poussé les États à prendre leurs responsabilités sur les dossiers des réfugiés, du « Brexit », ou de la consolidation de l’Euro.

Rendre fierté aux citoyens européens

Dans une Union élargie à 28 membres et face à des attentes fortes des citoyens, la Commission Juncker a certainement une tâche ardue. Elle pourrait demander à être jugée sur trois objectifs. Le premier serait de restaurer la confiance entre les peuples, les États et les institutions. Le deuxième serait de parvenir à reproduire cette alchimie difficile entre les hommes, les institutions et le contexte politique. Cela devrait se passer prioritairement dans l’enceinte du Conseil Européen, qui doit retrouver son rôle originel d’initiateur des grands chantiers communautaires. C’est à cette condition que l’Union pourra à nouveau se doter d’un véritable projet à long terme. Dernier objectif : la Commission doit se dire que sa trace historique sera d’avoir contribué à rendre les citoyens à nouveau fiers de leur projet. L’Union Européenne est à un tournant : elle peut se défaire par l’incurie des États, le dysfonctionnement de ses institutions, et les forces de division de toutes sortes qui ne veulent pas que triomphe son exemplarité. Mais Jean-Claude Juncker peut, avec d’autres dirigeants, nous faire échapper à cette sombre perspective. Il a pour lui la connaissance des dossiers, l’expérience institutionnelle et les qualités humaines nécessaires pour engager de nouvelles coopérations entre les parties prenantes, fut-ce au prix de nouvelles colères et de longues nuits de négociations. Il ne pourra pas tout faire seul. Mais si l’on veut que les Européens aient à nouveau le sentiment d’être mus par une œuvre commune qui suscite le respect unanime du reste du monde, il est nécessaire de le comprendre et de le soutenir.

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